Chers parents,

Le 11 janvier 2016, nous avons écrit aux différents acteurs du collège (rectorat, mairie et direction du collège) afin de remonter vos témoignages.

Le 29 janvier 2016, nous avons été reçus par M.PHAM, DASEN2 (Directeur Académique des services de l'Education Nationale chargé du 2nd degré) au Rectorat de Paris.

Nous vous proposons un compte rendu de cette audience et sommes à votre disposition pour tout complément d’information.

Les parents élus de l’UPCB .

 

Compte rendu de la réunion au rectorat le vendredi 29 janvier 2016

Intervenants :    M. PHAM, DASEN en charge du 2nd degré

                         Mme CORTES, principale du collège BERLIOZ

                         M.THIEBAULT, intendant

                         Mme RENUCCI et M. GOUDY, conseillers principaux d'éducation

                         M.ATTIOGBE, professeur de lettres modernes

                         4 parents de l'UPCB

 

Suite à notre lettre, Mme CORTES, principale du collège, a proposé de nous rencontrer avec quelques membres de l’équipe éducative au sein du collège. Or, notre lettre étant adressée au recteur, nous avons demandé à être reçus au rectorat en présence de représentants du collège.

M. PHAM nous donne la parole. Nous expliquons que nous sommes des parents élus au Conseil d’Administration du collège depuis octobre 2015. Nous siégeons sur plusieurs instances (CA, conseil de classe et conseil de discipline) et avons observé divers problèmes quant à la gestion de l’établissement dans sa globalité. Nous ne pouvons que constater ce fait puisque nous ne sommes que des parents d’élèves et que nous ne maîtrisons pas tous les rouages de l’Education Nationale.

Afin de tisser du lien avec les familles, Mme CORTES nous a autorisés à organiser un « café des parents » lors de la remise des bulletins du premier trimestre. A cette occasion, nous avons été stupéfaits du nombre de familles en souffrance alors que la situation décrite en CA nous semblait plus sereine. L’an dernier, les faits de violence étaient dûs , nous a-t-on dit, au nombre élevé d’élèves de troisième, situation qui devait être réglée pour l’année 2015/2016.

Nous rappelons qu’en aucun cas, nous ne voulons faire de l’ingérence dans la vie scolaire, intendance ou sur le travail de l’équipe pédagogique mais nous avons observé que nos enfants étaient en souffrance, qu’un sentiment d’injustice prédomine, que les sanctions ne sont pas les mêmes pour tous. Nous rappelons que la situation est plus apaisée dans les autres collèges du quartier alors qu’il s’agit de la même population. Nous voulons des solutions pour nos enfants.

M. PHAM demande à Mme CORTES son avis. Cette dernière indique qu’il lui est difficile de répondre sur ce sujet qui nous préoccupe tous de façon légitime. Il s’agit d’un fil conducteur à l'entretien.

M. PHAM indique qu’il faut apporter des réponses précises et les indicateurs de vie dans l’établissement sont un bon indicateur. Dans certains collèges, la seule diffusion de ces indicateurs a permis de diviser par deux la violence.

L’avis des CPE est demandé. M.GOUDY prend la parole et indique qu’il n’y a pas d’accroissement significatif par rapport à l’an dernier où des débordements sur la voie publique avaient été constatés. Cette année, il s’agit de jeux dangereux dans la cour et d’incivilités par rapport aux autres élèves et aux équipes pédagogiques. Mme RENUCCI indique que la période de janvier/février est propice à de tels actes dans tous les établissements. Nous intervenons pour indiquer que notre lettre remontait des faits ayant eu lieu au cours du dernier trimestre de l’année 2015 ; nous n’osons donc imaginer l’état de souffrance des familles pendant cette période réputée plus difficile. Elle indique également que les élèves vont être réunis en vie de classe afin d’en parler, ceci avec intervention de l’infirmière du collège, Mme CHAPALAIN. Mme CORTES indique que la violence ne touche pas que les collèges mixtes.

M. PHAM reprend la parole en indiquant que le seuil de tolérance doit être défini par le collège vis-à-vis des actes de violence. La vigilance doit être partagée par tous les adultes qui participent à la vie de l’établissement afin de diminuer les actes et sa prise en charge doit être réalisée par tout le personnel. Il demande si des règles sont définies. M.ATTIOGBE indique que des règles de vie sont présentes dans chaque salle de cours. M .PHAM demande depuis quand elles sont mises en place et Mme CORTES répond que cela fait 4 ans. Le DASEN indique que cet espacement est trop long vis-à-vis du turn-over du personnel. Il faut que les règles soient définies pour les élèves mais aussi pour l’équipe éducative afin que cette dernière puisse s’approprier les droits et devoirs des élèves.

Un seuil d’exigence doit être mis en œuvre comme par exemple la gestion des retards. Lorsque les règles sont appliquées et définies, les actes de violence diminuent dans les établissements. Les limites doivent être identifiées par tous et il n’y a pas besoin de 40 consignes.

Les professeurs doivent également être accompagnés et être soutenus en cas de difficultés et ceci par tous les intervenants du collège.

La prévention joue également un rôle majeur et l’équipe doit réfléchir à comment ne pas en arriver là. L’enquête DIEZE peut jouer un rôle et ne nécessite pas d’être effectuée annuellement mais tous les deux ans. Des pistes de réflexion peuvent ainsi être apportées.

La communication envers les familles en début d’année doit être améliorée. Le collège ne doit plus être un lieu où les parents ne viennent que pour la remise des bulletins scolaires ou en cas de problème. Il faut que l’information soit partagée via des réunions régulières avec tous les parents sur des thèmes prédéfinis : sécurité/citoyenneté…

L’information doit être partagée afin d’identifier les problèmes et éviter les rumeurs.

M.GOUDY intervient sur la difficulté à trouver un équilibre dans la mise en place des sanctions (rappel à l’ordre, heures de colle…).

M.PHAM rappelle que les établissements dans lesquels la politique éducative est la moins élaborée sont les établissements où l’on exclut le plus.

Il s’interroge sur le ressenti de la violence et les remontées des parents délégués. Nous indiquons qu’il n’y a pas de parents délégués, que cette année nous avons obtenu que des parents élus au CA soient référents par classe. Mme CORTES informe M.PHAM que nous avions porté à sa connaissance ce décret qui n’avait jamais été mis en place dans l’établissement.

M.PHAM indique à nouveau qu’il faut que des limites soient mises en place et identifiées par tous. Une politique éducative concertée porte ses fruits dans les 6 mois qui suivent sa mise en place.

Il faut réfléchir aux évaluations, aux préparations des conseils de classe.

L’infirmière scolaire peut donner beaucoup d’indications sur ce qui se passe dans l’établissement.

La communication des indicateurs permet de diminuer les faits de violence.

Il faut soutenir les professeurs en difficulté.

Une politique éducative ne fonctionne que si la vie scolaire et l’établissement communiquent avec les parents d’élèves et toutes les familles.

M.ATTIOGBE prend la parole pour demander qu’à l’avenir, il n’y ait pas besoin de se déplacer, que le dialogue ne doit pas se passer qu’au rectorat. Nous indiquons que nous avons proposé par mail avant chaque CA de rencontrer les membres élus dans un lieu neutre afin de préparer les réunions et que nous n’avons eu que peu de retour.

M.PHAM indique que l’institution, qui a tout pouvoir sur l’élève, est compliquée à approcher pour les familles et qu’il faut prévoir des moments de rencontre autour de l’élève. Il est important que des moments de convivialité, de dialogue et d’échange soient mis en place pour discuter de choses et d’autres.

Mme CORTES intervient pour indiquer que nous ne sommes élus que depuis novembre et que nous n’avons pas encore suffisamment travaillé ensemble pour avoir intégré et compris ce temps de concertation dans le collège. Nous n’avons pas été présents lors de ce moment d’échange. Nous informons que nous n’avons pas été invités à ce moment. Mme CORTES convient qu’il y a eu un problème de communication.

M.PHAM demande quels actes ont été mis en place par la Direction.

M.THIEBAULT indique qu’à l’initiative d’une AED, deux services ont été mis en place à la cantine, ce qui a permis de diminuer le désordre. Et que des interventions ont eu lieu en classe sur le danger à utiliser des extincteurs.

En conclusion, M.PHAM conseille que :

-l’enquête DIEZ soit mise en place tous les 2 ans

-les indicateurs soient communiqués à l’ensemble des acteurs du collège

-la communication envers les familles soit accentuée

-la construction d’une vision partagée par l’équipe éducative soit mise en place

-l’équipe dans son ensemble apporte des réponses cohérentes à tous les élèves.

 

M. PHAM nous remercie pour cet échange courtois et attentif qui a permis à cette rencontre d’être constructive.

Il va venir visiter l’établissement.