Mercredi 7 décembre s’est déroulée au Collège Berlioz la deuxième réunion de concertation au sujet du projet multi-collèges qui concerne Hector Berlioz et Antoine Coysevox.

Etaient présents les représentants de l’Académie, les élus de la Ville de Paris, les directions des deux collèges et des écoles élémentaires du secteur concernés (Belliard, Binet, Vauvenargues, Damrémont, Joseph de Maistre), des enseignants ainsi que les délégués des parents d’élèves de tous ces établissements.

Un très grand nombre de parents d’élèves, majoritairement de Coysevox et des écoles élémentaires Damrémont, Joseph de Maistre se sont mobilisés et ont participé à cette réunion.

De quoi s’agit-il : retrouver à l’intérieur de nos collèges la mixité sociale, en d’autres termes briser le ghetto dans lequel le collège Berlioz est enfermé depuis de trop longues années. Si nous partageons la philosophie du projet, nous regrettons la méthode employée par ses promoteurs : précipitation, manque de préparation, autant de maladresses qui ont contribué à exacerber les tensions.  Nous nous étonnons qu’après des années d’abandon de la part de l’Académie de Paris, celle-ci ne propose que cette solution. Quid de la modification de la carte scolaire qui elle aussi pourrait contribuer à réduire sensiblement les inégalités scolaires?

Nous ne sommes pas encore tous totalement convaincus de la faisabilité, tant que les moyens financiers et humains pour les deux collèges nécessaires à sa réalisation ne sont pas actés. Car il s’agit d’accueillir dans les meilleures conditions tous les élèves, qu’ils soient favorisés ou pas, sachant qu’un établissement est en REP et l’autre pas. Toutefois, des précisions à nos questions sur le sujet ont été apportées.

Le rectorat garantit que :
- les réseaux REP ne seront pas modifiés avant 2019
- le collège Coysevox bénéficiera d’une convention académique qui prévoit une allocation académique, des moyens (hors régime indemnitaire qui est de compétence ministérielle), l’éligibilité, sur projet, aux différents dispositifs et dispositions, pédagogiques et éducatifs, et  le renforcement de l’accompagnement qualitatif en particulier en matière d’accès à la formation. Un renforcement de la DHG, HSA est également prévu mais de façon progressive.

La mairie de Paris, elle, s’engage à ce que Coysevox bénéficie d’une dotation augmentée pour les projets éducatifs.
Tous ses engagements nous seront présentés par écrit lors de la prochaine réunion en janvier 2017.

Nous n’avons pas encore d’avis sur l’option. Si l’Académie penche pour la troisième option, nous pensons que la seconde est intéressante à condition de fusionner les deux établissements. Ce que semble refuser pour l’heure l’Académie.

Depuis le changement de direction du collège Berlioz, nous témoignons de l’engagement quotidien de celle-ci et de sa volonté de changer en profondeur le climat dans ce collège jusqu’ici en souffrance et en déshérence. Mais pas seulement. Son objectif vise aussi la réussite scolaire de tous les élèves. Depuis septembre, nous constatons que les choses ont bougé, que l’équipe enseignante est totalement mobilisée et motivée, que les cours se déroulent dans de bonnes conditions.

Nous réfléchissons. Nos enfants fréquentent un établissement ghettoïsé pour les raisons évoquées ci-dessus et dont la réputation nuit gravement avant tout aux élèves. Ils ne sont pas dupes et savent qu’ils sont discriminés. Leur « mauvaise réputation », ils la portent sur eux. Le 18ème arrondissement est encore un arrondissement populaire, mais les pauvres sont concentrés dans un territoire qui longe les maréchaux. Le talus, l’ancienne voie ferrée, est la ligne de démarcation de ce territoire. Passé le talus, point de salut ? La réalité, c’est que selon que l’on habite d’un côté ou de l’autre, nul ne franchit la ligne. Alors oui,  tout le monde est pour la mixité sociale… mais « not in my backyard », pas chez moi. Alors l’évitement scolaire et la fuite dans le privé, qui pénalisent le collège Berlioz, sont devenus monnaie courante dans le quartier. Cela traduit une peur, une peur irrationnelle qui en dit long sur les rapports anxiogènes avec l’école. La tension, qui régnait mercredi soir en témoigne. Les réactions virulentes, blessantes à l’égard de Berlioz qui circulent sur les réseaux sociaux relayés par une certaine presse aussi.

Nous sommes parents d’élèves et citoyens. Si nous laissons la situation en l’état, elle peut devenir explosive. La mixité sociale, c’est faire que tous les enfants, tous, sans exception, s’ouvrent aux autres, au monde dont ils seront un jour les adultes. C’est combattre la ségrégation scolaire qui laisse sur la touche une partie des enfants du quartier. C’est casser les frontières mentales et briser l’appartenance à un seul territoire. C’est le droit à la réussite scolaire pour tous. La mixité sociale est une chance. A condition de s’en saisir. En aucun cas, à aucun moment nous ne faisons preuve d’angélisme. Voilà pourquoi nous serons vigilants et ne baisserons pas la garde sur nos exigences humaines et financières nécessaires à la mise en place de ce dispositif.

La prochaine réunion de concertation aura lieu début janvier 2017.
Seuls les parents élus seront conviés, si vous avez des remarques à nous faire parvenir merci de nous les communiquer rapidement
Les parents élus UPCB